Bornes Wago et borniers de raccordement : quel modèle choisir ?

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Les bornes de raccordement Wago ont profondément changé la façon de connecter les fils électriques dans les boîtes de dérivation, les boîtes de combles et les tableaux. Plus rapides à poser que les dominos à vis, plus fiables dans le temps et capables d’accepter fils rigides et souples, elles sont devenues un standard sur les chantiers. Encore faut-il choisir le bon modèle selon l’usage. Ce guide compare les borniers traditionnels et les différentes familles de bornes automatiques, et explique comment les poser et les retirer correctement.

Le domino à vis : le bornier traditionnel

Tout le monde connaît le bornier à vis, ou « domino » : une barrette isolante dans laquelle une vis vient serrer un ou plusieurs conducteurs dans une cage métallique. Il a deux qualités indéniables : il est bon marché et il accepte indifféremment fils souples et fils rigides.

Ses défauts sont pourtant nombreux :

  • serrage trop fort : la vis peut entailler ou sectionner le conducteur, surtout les fils souples dont les brins s’écrasent ;
  • serrage trop faible : le contact est médiocre, la connexion chauffe ;
  • desserrage dans le temps : les cycles de dilatation du cuivre finissent par détendre la connexion, qu’il faut resserrer périodiquement ;
  • plusieurs fils sous une même vis : le serrage n’est jamais homogène, le fil le plus fin est souvent mal tenu.

Une connexion desserrée est l’une des causes classiques d’échauffement et d’incendie d’origine électrique. C’est ce qui a favorisé l’adoption massive des bornes automatiques.

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Le principe des bornes automatiques

Les bornes de type Wago — du nom du fabricant allemand qui les a popularisées, le terme étant devenu générique — remplacent la vis par une lamelle ressort en acier inoxydable. Celle-ci plaque le conducteur contre une barre de contact en cuivre étamé avec une pression constante, indépendante de l’opérateur et qui ne se relâche pas avec le temps.

Leurs avantages :

  • une connexion instantanée : on dénude, on enfonce, c’est terminé ;
  • un serrage individuel pour chaque fil, quel que soit le nombre de conducteurs ;
  • jusqu’à 8 conducteurs sur une même borne selon les modèles ;
  • une pression de contact constante, sans entretien ;
  • des modèles transparents qui permettent de contrôler visuellement l’insertion.

Les différentes familles de bornes

Les bornes à enfichage pour fils rigides

C’est le modèle le plus courant (série Wago 2273 et équivalents). Le conducteur rigide dénudé s’enfonce simplement dans l’orifice ; la lamelle le retient. Toutes les entrées de la borne sont reliées entre elles. Ces bornes sont compactes et économiques, et on les trouve partout : boîtes de combles, boîtes de dérivation, boîtes d’encastrement, tableau électrique. Elles n’acceptent en revanche que des fils rigides, généralement de 0,5 à 2,5 mm².

Pour retirer un fil, on le tire en arrière en lui imprimant de petits mouvements de rotation alternés de gauche à droite. Ce retrait reste possible quelques fois, mais il vaut mieux recouper et redénuder le conducteur avant de le réinsérer.

Les bornes mixtes rigide/souple à pincement

Certains modèles acceptent deux fils rigides d’un côté et un fil souple de l’autre : on pince la borne pour ouvrir l’entrée du fil souple. On les utilise pour raccorder un appareil muni d’un câble souple — volet roulant, radiateur, luminaire — à une ligne en fils rigides. Ils sont un peu encombrants et les conducteurs n’arrivent pas du même côté, ce qui complique leur rangement dans une boîte d’encastrement.

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Les bornes à levier opaques

Ces bornes de première génération à leviers (série 222) possèdent un levier par entrée : on soulève le levier, on insère le fil, on rabaisse le levier pour verrouiller la connexion. Tous les conducteurs se raccordent du même côté, ce qui est pratique. Elles sont cependant opaques — impossible de vérifier l’insertion à l’œil — et assez volumineuses.

Les bornes à levier transparentes

C’est la famille la plus polyvalente (série Wago 221 et équivalents). Elle combine tous les avantages : leviers, boîtier transparent, compatibilité avec les fils rigides, semi-rigides et souples, encombrement réduit. On contrôle visuellement que le conducteur est bien inséré jusqu’au bout et que la partie dénudée ne dépasse pas. Selon les références, elles acceptent des sections jusqu’à 4 mm² ou 6 mm². C’est le modèle de prédilection de nombreux électriciens pour la plupart des usages.

Les connecteurs à gel pour l’extérieur

Ces connecteurs fonctionnent différemment : on insère les conducteurs non dénudés jusqu’en butée, puis on écrase le connecteur à la pince. Une lame à déplacement d’isolant perce l’isolant et établit le contact, et l’ensemble est noyé dans un gel ou une graisse silicone qui protège la connexion de l’humidité. Plus chers, ils sont idéaux pour les raccordements extérieurs et enterrés : éclairage de jardin, portail, pompe. Des kits d’étanchéité complètent l’équipement des boîtes extérieures.

Tableau comparatif

TypeFils acceptésAtoutsLimitesUsage type
Domino à visRigide et soupleBon marchéDesserrage, fils abîmésDépannage
Enfichage rigideRigideCompact, rapidePas de fil soupleBoîtes de combles, dérivation
Mixte à pincement2 rigides + 1 soupleLiaison appareilEncombrantVolets, radiateurs
Levier opaqueRigide et soupleMême côtéPas de contrôle visuelUsage général
Levier transparentRigide et souplePolyvalent, contrôlablePrix plus élevéUsage général, tableau
Connecteur à gelRigide, non dénudéÉtanchePrix, non réutilisableExtérieur, enterré

Bien poser une borne automatique

  1. respecter la longueur de dénudage indiquée sur la borne (généralement 9 à 11 mm) : trop court, le contact est insuffisant ; trop long, du cuivre nu dépasse de la borne ;
  2. vérifier la section : chaque borne a une plage de sections admissibles et un courant maximal (souvent 24 A à 32 A selon les modèles) ;
  3. insérer jusqu’en butée : avec un modèle transparent, l’extrémité du conducteur doit être visible au fond ;
  4. tirer légèrement sur chaque fil pour contrôler la tenue ;
  5. ranger proprement les connexions dans la boîte, sans contrainte mécanique sur les fils.
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Pour un fil souple dans une borne à enfichage prévue pour le rigide, la seule solution conforme est le changement de modèle, et non l’étamage ou le torsadage des brins.

Où utiliser les bornes Wago dans une installation

  • dans les boîtes de combles d’une pieuvre électrique, où elles réunissent alimentations, retours lampe et navettes de toute une zone ;
  • dans les boîtes d’encastrement, pour raccorder un luminaire à son retour lampe ;
  • dans le tableau électrique, notamment pour regrouper les conducteurs de terre sur des bornes à 8 entrées avant de les relier à la barrette de terre, comme détaillé dans notre guide de raccordement du tableau ;
  • en extérieur, avec des connecteurs à gel dans des boîtes étanches, pour les circuits d’éclairage extérieur.

Bornes automatiques et sécurité

Une borne automatique bien choisie et bien posée offre une connexion plus sûre qu’un domino à vis, précisément parce qu’elle supprime le facteur humain du serrage. Elle doit néanmoins toujours être logée dans une boîte de connexion accessible et fermée : une connexion noyée dans un mur ou une cloison sans boîte est interdite, quel que soit le type de connecteur. Et toute intervention se fait hors tension, après vérification d’absence de tension.

Questions fréquentes

Une borne Wago peut-elle remplacer un domino dans une boîte existante ?

Oui, à condition de recouper et redénuder proprement les conducteurs à la longueur indiquée sur la borne, et de choisir un modèle à levier si l’un des fils est souple.

Quelle intensité supporte une borne automatique ?

Elle dépend du modèle et de la section : la valeur est imprimée sur la borne, souvent entre 24 A et 32 A pour les modèles courants. Elle doit toujours être supérieure au calibre du disjoncteur qui protège le circuit.

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