Raccordement des sanitaires : préparer évacuations, alimentations et collecteur

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Le raccordement des sanitaires se prépare bien avant la pose du premier lavabo. Évacuations en PVC réservées dans la dalle, gaines rouges et bleues tirées depuis le collecteur, platines de douche fixées au bon niveau, cumulus monté avec ses organes de sécurité : chaque étape conditionne la suivante. Une erreur de quelques centimètres au stade du gros œuvre se paie ensuite en carrelage découpé, en meuble impossible à poser ou en siphon inaccessible. Ce guide détaille, poste par poste, la méthode pour préparer les raccordements de tous les sanitaires d’une maison neuve ou entièrement rénovée.

Préparer les sorties d’évacuation en PVC

Les évacuations sont la première chose à figer, parce qu’elles sont noyées dans la dalle ou posées sous le plancher avant que quoi que ce soit d’autre ne soit construit. Deux diamètres coexistent sur une sortie de 100 mm :

  • 93 mm : c’est le diamètre extérieur du tuyau lui-même ;
  • 100 mm : c’est le diamètre de l’emboîture évasée, appelée aussi tulipe.

Lors de la mise en place des réseaux sous la dalle, la partie évasée doit être réservée aux toilettes : c’est le seul appareil qui se raccorde en diamètre 100. Les autres appareils se raccordent en 40 mm (douche, baignoire, évier, lave-linge) ou en 32 mm (lavabo, lave-mains), avec les réductions adaptées décrites dans notre guide des différents raccords de plomberie.

Implanter les sorties au bon endroit

Chaque tuyau doit sortir à environ 1 cm du mur fini. Sur les murs périphériques, l’implantation est simple puisque le mur existe déjà. Pour les cloisons, c’est plus délicat : il faut tracer l’emplacement définitif des rails au sol avant le coulage, en tenant compte de l’épaisseur de la plaque de plâtre et du carrelage mural. Une sortie implantée trop loin oblige à décaler le WC ou à créer un coffrage disgracieux.

Couper le tuyau à la bonne hauteur

Pour couper proprement sans arracher la bande adhésive posée pour l’étanchéité, une astuce consiste à utiliser une cale de bois de la hauteur voulue (par exemple 6 cm, à adapter selon la hauteur du plancher fini) comme guide de scie. Cette réserve de hauteur permet de créer l’évasement du tuyau, mais elle doit aussi laisser la place à un coude en 40 mm qui se logera dans la dalle ou sous le plancher. La pente des évacuations horizontales reste comprise entre 1 et 3 cm par mètre : trop faible, l’eau stagne ; trop forte, l’eau file et laisse les matières solides derrière elle.

Préparer le raccordement des toilettes

La hauteur de l’évacuation d’un WC au sol est standard, donc facile à anticiper. L’alimentation en eau est plus délicate, car sa position dépend du modèle de cuvette et de réservoir choisi. Deux options existent :

  • laisser l’alimentation en attente au sol et la positionner en fin de chantier, une fois le WC choisi ;
  • monter le WC complet à blanc, mesurer la hauteur exacte de l’arrivée du réservoir, et faire sortir le tuyau du mur à cet endroit précis. C’est beaucoup plus esthétique, et c’est la solution à privilégier dès que le modèle est connu.
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Le raccordement de la cuvette peut aussi se faire en flexible, ce qui laisse une petite tolérance de positionnement.

Préparer le dessous de la cuvette

Sur un pack WC, les tiges filetées se montent directement sous le réservoir et assurent l’étanchéité entre réservoir et cuvette : les vis ne doivent pas simplement prendre les deux pièces en sandwich, elles traversent le joint conique et le compriment. Pour positionner correctement la bague d’étanchéité noire et éviter qu’elle ne tombe au moment du montage, un point de silicone suffit à la maintenir en place.

Préparer le raccordement de l’évier

L’évier de cuisine concentre plusieurs contraintes. Les meubles bas ont des plinthes, et la vidange du siphon doit rester facilement accessible. Le fond du bac peut par ailleurs gêner le passage des alimentations d’eau chaude et d’eau froide : il faut vérifier la profondeur du bac avant de fixer la hauteur des sorties.

Les gaines rouges (eau chaude) et bleues (eau froide) s’arrêtent à environ 20 cm du sol fini. Elles ne doivent jamais être coupées ni raboutées entre le collecteur et le point de puisage : la gaine continue est le seul moyen de canaliser une éventuelle fuite vers un endroit visible, au lieu de la laisser s’infiltrer dans la chape.

Un bon réflexe consiste à ne pas coller tout de suite le tuyau vertical situé à l’aplomb du pied de biche. On le positionne et on le colle le jour de la pose de l’évier, lorsqu’on connaît la hauteur exacte du siphon. Le robinet du lave-vaisselle, enfin, se monte directement sur un raccord femelle 15/21.

Lave-mains et meubles suspendus

Le lave-mains est l’un des montages les plus simples. Sa sortie horizontale est en 32 mm et le passage vers l’évacuation en 40 mm se fait par une réduction 40/32. Dans des toilettes, un petit meuble sous le lave-mains permet de cacher les tuyaux et l’évacuation dans un espace très restreint. Pour les meubles suspendus en salle de bains, toute la tuyauterie doit être encastrée : elle se passe donc impérativement avant la pose des plaques de plâtre.

Installer le collecteur général

Le collecteur (ou nourrice) distribue l’eau vers chaque point de puisage selon une installation dite « en pieuvre », une logique très proche de la pieuvre électrique utilisée pour l’éclairage. Sa règle d’or est l’accessibilité de tous les éléments :

  • la première nourrice se place à environ 40 cm du sol fini, la seconde à 60 cm ;
  • la nourrice du bas correspond à l’eau froide, ce qui facilite le raccordement au chauffe-eau, à l’arrivée générale et au robinet de puisage ;
  • la nourrice du bas est décollée du mur d’environ 5 cm pour laisser passer derrière elle les tuyaux d’eau chaude ;
  • les gaines ne dépassent pas la hauteur de celles des sanitaires : en cas de fuite sur un réseau, l’eau ressortira au niveau du collecteur, un endroit visible ;
  • chaque gaine est raccordée directement sur la nourrice, puis mise en forme et fixée au sol ;
  • le départ d’eau chaude se fait par le haut et par le côté, en 3/4 mâle.
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L’arrivée générale et ses organes de protection

Le tube d’arrivée en polyéthylène de 25 mm se raccorde sur un raccord laiton de type Plymouth, en respectant scrupuleusement l’ordre de montage des bagues. On installe ensuite une vanne d’arrêt 3/4 femelle-femelle munie d’une purge côté maison, pour pouvoir vidanger l’installation, puis un réducteur de pression, lui aussi en 3/4 femelle-femelle. Le réducteur protège l’installation des pics de pression du réseau public : la pression de service idéale dans une maison se situe autour de 3 bars.

Les robinets extérieurs sont isolés par une vanne 15/21 femelle-femelle montée directement sur la nourrice avant sa fixation, pour ne pas mettre de contrainte sur les chevilles à expansion. Cette vanne possède une petite purge côté réseau extérieur, qui permet de vidanger le circuit avant l’hiver et d’éviter le gel.

Préparer les raccords de douche

Les platines murales sont la solution la plus courante et la plus fiable pour alimenter un mitigeur de douche. Deux méthodes de fixation sur plaque de plâtre existent :

  1. Fixation par la tête des chevilles : on engage les ergots de la cheville dans les fentes situées de chaque côté du trou de la platine, puis on sertit. Ce montage est irréversible : une fixation ratée ne se démonte plus, et il devient impossible de contrôler les raccordements à la mise en eau.
  2. Fixation par vis sur chevilles à expansion : on pose les chevilles normalement et on visse la platine. Il faut souvent ajouter une rondelle sous la tête de vis, en veillant à ce que l’épaisseur totale reste inférieure à celle de la colle à carrelage.

Le raccordement des platines classiques est en 15/21 femelle : les excentriques se montent donc à la filasse. Les rosaces sont maintenues par quatre vis, ce qui donne un ensemble très stable au moment du serrage des excentriques.

Le rôle des excentriques

Les excentriques permettent de remettre le mitigeur de niveau, de le recentrer légèrement et de régler sa profondeur en fonction de l’épaisseur de la faïence. Même s’ils sont déjà striés, il faut les rayer à nouveau pour que la filasse accroche correctement. Un seul côté est strié : l’autre recevra le joint 3/4 du mitigeur.

Certaines platines utilisent des raccords fendus réglables en profondeur : le mitigeur se monte directement dessus, sans joint filasse, mais la position doit être calculée précisément en amont. D’autres modèles, plus fragiles, ont tendance à tourner lors du vissage des excentriques et finissent par vriller le tube PER raccordé derrière : ils sont à éviter.

Poser et raccorder une baignoire

Une fois tous les accessoires montés, la baignoire est mise en place et ses pieds sont réglés pour que le rebord arrive à environ 55 cm du sol fini. On trace alors sur le mur la position du rebord, qui correspond à la hauteur du support. Ce support est généralement un tasseau de bois de 2 à 3 cm fixé au mur par chevilles à expansion ; un repère sur le tasseau permet de conserver son sens de montage après perçage.

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Une baignoire se pose directement sur la dalle béton, jamais sur le carrelage fini : on économise ainsi chape et carrelage sous la cuve. En contrepartie, certains pieds à tige filetée deviennent trop courts et l’engagement du filetage est insuffisant. On place alors des cales d’environ 5 cm, scellées au ciment prompt.

Avant la pose définitive, on écarte la baignoire de 10 mm du mur, on dépose un cordon de silicone généreux sur le tasseau, puis on remet la cuve en place et on retire l’excédent. Remplir la baignoire d’eau pendant le séchage l’aide à prendre sa position définitive. Une fois le joint sec, un second cordon de silicone à 45° est réalisé sur toute la longueur.

Choisir le montage du mitigeur

Le mitigeur peut être mural ou monté sur colonnettes. Le montage mural n’offre aucun accès à la robinetterie en cas de souci. Le montage sur colonnettes, traité via une trappe de visite dans le tablier, est beaucoup plus simple à entretenir. Les colonnettes doivent être achetées avec leurs flexibles montés : une fois la baignoire en place, le raccordement aux réseaux d’eau chaude et d’eau froide devient alors très facile.

Monter le cumulus électrique

Le chauffe-eau électrique existe en version posée au sol, murale verticale ou murale horizontale. L’eau est chauffée par une résistance blindée, en contact direct avec l’eau, ou stéatite, protégée par un fourreau, ce qui limite l’entartrage et facilite la maintenance. La capacité se dimensionne selon le nombre d’occupants ; le contact heures creuses/heures pleines du tableau permet de piloter la chauffe la nuit, ou de l’autoriser en permanence si nécessaire. Son alimentation électrique est un circuit spécialisé, prévu dès la préparation des gaines électriques.

La chauffe génère un phénomène d’électrolyse, parfois appelé « effet pile » : une charge électrique circule avec l’eau chaude à chaque puisage. Pour éviter qu’elle ne se dissipe dans les tubes et la robinetterie, un raccord diélectrique (isolant) se monte à la sortie eau chaude du ballon. À long terme, ce phénomène peut corroder la cuve : l’anode du chauffe-eau doit donc être contrôlée régulièrement.

Le groupe de sécurité et ses accessoires

Le groupe de sécurité est obligatoire. Il évacue la surpression qui apparaît pendant la chauffe, l’eau se dilatant en montant en température. Il est taré à 7 bars. Certains installateurs ajoutent un vase d’expansion sanitaire qui absorbe cette dilatation et évite de gaspiller de l’eau par le groupe. Une siphonnette se monte directement sous le groupe, raccordée en PVC 32 mm, pour empêcher les remontées d’odeurs.

Un support rehausse le cumulus d’environ 50 cm (jusqu’à 200 litres), ce qui libère l’espace nécessaire aux accessoires. Enfin, un mitigeur thermostatique en sortie de ballon empêche d’envoyer de l’eau brûlante dans le réseau : il se justifie pleinement en location ou lorsque la robinetterie de la maison n’est pas thermostatique.

Les erreurs à éviter

  • Couper ou rabouter une gaine entre le collecteur et le point d’eau : une fuite deviendrait invisible.
  • Oublier la réserve de hauteur pour les coudes sous dalle.
  • Fixer une platine de douche de façon irréversible avant la mise en eau d’essai.
  • Poser la baignoire sur le carrelage fini.
  • Installer un cumulus sans raccord diélectrique ni groupe de sécurité conforme.

Un réseau sanitaire bien préparé se reconnaît à une chose : le jour de la pose des appareils, tout tombe en place sans retoucher la maçonnerie. Cette exigence est la même côté électricité, où la préparation du chantier détermine la réussite de chaque intervention.

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